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Edito : le syli doit grandir

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L’euphorie, l’autosatisfaction, le manque d’ambition sont entre autres adversaires qui guettent à présent le syli national de Guinée après sa qualification providentielle en quarts de finales. Pour aller loin, il faut repousser ses limites et prendre conscience de son statut et du changement du regard des autres sur soi. Le match contre le Mali nous l’a rappelé.

Certes on ne peut enlever aux joueurs le mérite de réussir un tel parcours, des éliminatoires à ce stade de la compétition, car il fallait quand même le faire pour une équipe obligée de jouer tous ces matchs de la phase qualificative à l’extérieur et qui est tombée dans un groupe très relevé en phase finale. Mais, on est également d’accord que le niveau de jeu affiché par le syli national de Guinée sur ses trois derniers matchs est loin de rassurer tellement les déchets et les erreurs auront été monnaie courante face à des équipes sans doute mieux en place.

Face au Mali, on a vu une toute petite équipe guinéenne qui a subi une grosse pression malienne. La qualification tient vraiment de la providence car tout cela s’est joué au hasard, lors d’un tirage au sort effectué par la CAF ce jeudi. Certains diront qu’il faut de la chance pour aller loin. Mais pour aller loin, il faut aussi « grandir », apprendre de ses erreurs, se surpasser sur le pré pour faire mieux qu’obtenir des matchs nuls dans des conditions de stress et de pression exaspérantes.

Aller loin, demande aussi du sérieux, de l’implication, de l’engagement, de la régularité et de l’apprentissage. Oui de l’apprentissage car après trois matchs face à la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Mali, il y a bien de choses à apprendre pour grandir au fil de la compétition. Beaucoup semblent se satisfaire de la qualification en quarts de finale. Ce qui apparaît comme un réel manque d’ambitions de la part d’une équipe qui n’a rien fait de plus que les précédentes qui ont représenté la Guinée en Coupe d’Afrique puisqu’on ne parle que d’une qualification en quarts.

Le match face aux aigles du Mali était une réelle piqûre de rappelle pour ceux qui auraient oublié que la Guinée est une petite équipe qui n’a qu’un seul joueur ayant disputé cette saison la champions league européenne (Ibrahima Conté, NDLR). Une équipe dont le capitaine et l’une de ses forces, cherche une place de titulaire à Mönchengladbach. Une équipe dont le gardien de but est remplacent à l’AC Arles-Avignon, club du bas du tableau de la ligue 2 française. Une équipe dont l’avant-centre titulaire est sur le banc de touche à Lyon. Une équipe au sein de laquelle 15 joueurs découvrent pour la première fois la CAN et dont la moyenne d’âge est de 22 ans. On pourrait en citer au point de remplir une page, tout cela pour rappeler que le syli doit faire trois fois mieux que ses adversaires dans cette CAN pour être au dessus.

En quart de finale, la Guinée affronte le Ghana qui surfe sur un regain de confiance acquis lors des deux dernières journées de la phase de groupes. Une équipe que le syli connait bien car toutes les fois où il l’a croisé en phase finale de CAN, son meilleur résultat n’a été qu’un nul. La dernière confrontation reste encore dans une mémoire fraîche puisque c’était en octobre dernier en éliminatoires de la CAN 2015. La Guinée avait obtenu à l’aller un nul (1-1) à la dernière minute grâce au génie d’Ibrahima Traoré. Quatre jours plus tard, le syli n’avait pas fait le poids en s’inclinant 3-1.

L’autre responsabilité qu’a le syli est de continuer à donner du plaisir à un peuple stigmatisé en raison du virus Ebola. Un peuple tellement attaché à son équipe que même en cas de match nul, il explose de joie dans une insouciance totale. Mais quand on a connu des moments très difficiles, on ne loupe aucune occasion pour évacuer un mal-être permanent. Tout cela passe par l’apprentissage. Kevin Constant, Ibrahima Traoré, Ibrahima Conté, Mohamed Yattara… on a rien vu, on veut plus.

Je termine par le chef de troupe. Michel Dussuyer très attentiste et qui a parfois une lecture de jeu ambiguë. A l’avenir, la force de caractère, la poigne et la prise de risque devront être des valeurs cardinales pour un sélectionneur qui a tout à gagner dans une CAN où il est sous le feu des projecteurs pour la quatrième fois après 2004, 2008 et 2012. Pour être un grand coach, il faut faire ce qui sort de l’ordinaire, avoir du génie et de la créativité pour réagir dans des situations difficiles. Ce qui n’a pas été forcément le cas durant cette phase finale de la CAN.

Face au Ghana, on verra si la Guinée a grandi après ses trois matchs de la phase de groupe.

Thierno Amadou MAKADJI

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